C'était un chêne vieux, l'avait plus de cent ans.
Il en avait connu des hivers, des printemps,
Renaissant chaque année à la sève nouvelle,
En donnant plus dombrage, et des feuilles plus belles.
Il était des oiseaux le refuge béni,
Et quand venait lavril, à la saison des nids,
Fraîchement reverdi par Madame Nature,
Il berçait dans ses bras les frêles créatures.
Les premières amours sy donnaient rendez-vous,
Échangeaient des serments sous son feuillage doux,
Et sur son tronc noueux, pour leur porter bonheur,
Ils sen venaient graver leurs prénoms dans un cur.
Il était pour beaucoup symbole de beauté,
Il portait dans ses flancs toute léternité.
Et puis, un certain soir, lhomme fit un discours.
-« Il cache le soleil, il nous vole le jour,
Il a assez vécu, tient beaucoup trop de place,
Il faut le supprimer, il faut que ça se fasse.
Ce sera cent fois mieux, pour la communauté,
De construire un parking quand il aura sauté.»-
Alors, ils sont venus. Le chêne centenaire
A combattu longtemps la hache meurtrière.
Puis torturé, vaincu, renonçant à la vie,
Sest abîmé au sol dans un cri dagonie.
Bien sûr, ils lont construit, leur parking. Mais vois-tu,
Daucuns pensent encor au géant abattu,
Et sur le ciment froid, là où battait son cur,
Il y a chaque jour un gros bouquet de fleurs.
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